Les rues sont si sales que les gens n'osent plus marcher. Les clodos sont
rois et ont chaud en hiver. Les clodos sont habillés en
Prada,la Croix-Rouge est genéreuse, mais la comparaison avec le diable s'arrête là. La rivière qui passait laissait entrer par les fenêtres une odeur de pisse horrible. La drogue est devenue le quotidien de milliers de personnes dans cette grande poubelle. La ville craint un peu, mais bon, ses habitants ont l'habitude.La ville est leur quotidien, autant que la poudre. Le taux d'insécurité n'est pas si mauvais, si on trouve que les meurtres quotidiens sont normaux. Enfin, à force, ça fait partie de la routine. Certains auteurs ont decidé de qualifier ce bordel melancolique de : "
tranchées de la guerre 14-18 ". Foutaises. Ce n'est rien, les cadavres abondent dans les rues car le service de nettoyage est encore en grève depuis qu'une bombe a eclaté dans le metro qu'ils nettoyaient. Le problème n'est pas tellement les bombes, non ce sont les réactions des gens après les explosions. Les gens ont peur, lancent des rumeurs comme quoi leurs voisins seraient des terroristes. Il pleut 350 jours par an et fait souvent moins de quinze degrés. Le cadre rêvé pour un jeune poète qui veut exprimer sa mélancolie et copier le Spleen De Paris. Il n'y a plus de rêves, les habitants sont desenchantés à force de voir la mort prendre leurs amis. Les gens n'écoutent plus de musique, et pour cause, il n'y a plus de disquaires. Ces jeunes gens sont quand mêmes élevés à la tristesse de
Joy Division. Ils essayent de monter des groupes, mais la poésie de gens apeurés par le monde qui les entoure est un peu chiante au bout du vingtième groupe. La mort n'est jamais loin, et cette bulle dans laquelle les gens semble vivre est prête à eclater à tout moment sous les aiguilles des horloges de la ville .Les jeunes illétrés ont laissés place à des gosses ferus de poésie lisant
Rimbaud à neuf ans. Ils sont nombreux les amoureux sur les bancs, avalant plus de fumée que si ils fumaient quatre joints. C'est la pollution. Un jour les rues seront belles ,mais dans l'âme de ces gens, elles resteront toujours les rues de leurs peurs, de leurs amours et de leurs possibles morts.
En esperant qu'ils en rechappent, qu'un jour la ville soit belle et que les eboueurs ne soient plus en grève.Shotter's Ambassador.